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BYD : de copieur de Toyota à fournisseur de Tesla, l’ascension folle du géant chinois

Greg le Geek (GLG)
byd ils copiaient toyota… puis tesla a utilisé leurs batteries | by glg
Avant de devenir l’un des plus grands constructeurs automobiles de la planète, BYD fabriquait des batteries pour des téléphones Motorola et Nokia. Puis la marque chinoise s’est lancée dans l’automobile avec des modèles ressemblant parfois énormément à des Toyota. Vingt ans plus tard, le rapport de force s’est complètement inversé : Toyota s’est rapproché de BYD pour développer certaines technologies électriques et des Tesla Model Y ont même utilisé des cellules de batterie BYD.

Comment une petite entreprise fondée à Shenzhen en 1995 est-elle devenue l’un des concurrents les plus sérieux de Tesla et Toyota ? C’est l’histoire assez incroyable que je vous raconte dans ce nouvel épisode de TechClash By GLG.

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BYD : avant les voitures, il y avait les batteries

L’histoire de BYD commence en 1995 à Shenzhen.

Wang Chuanfu fonde l’entreprise avec une vingtaine d’employés. À ce moment-là, il n’est absolument pas question de voitures électriques, de SUV de luxe ou de concurrence avec Tesla.

BYD fabrique des batteries rechargeables, d’abord au nickel-cadmium puis au lithium-ion.

Le timing est particulièrement intéressant : durant cette période, le téléphone portable commence à exploser dans le monde entier. Et derrière chaque téléphone se trouve évidemment une batterie.

BYD va donc profiter d’un marché gigantesque qui est encore en pleine construction.

De Motorola à Nokia : BYD était déjà dans nos téléphones

En 2000, BYD devient le premier fournisseur chinois de batteries lithium-ion de Motorola. Deux ans plus tard, l’entreprise devient également fournisseur de Nokia.

Le symbole est assez incroyable lorsqu’on connaît la suite de l’histoire.

À une époque où Nokia domine le marché mondial du téléphone mobile, BYD est pratiquement inconnu du grand public.

Mais l’entreprise chinoise apprend déjà quelque chose qui va devenir essentiel pour son avenir : produire énormément, rapidement et à faible coût.

2003 : BYD décide soudainement de fabriquer des voitures

En janvier 2003, BYD rachète Xi’an Tsinchuan Automobile et se lance dans l’automobile.

Pour un fabricant de batteries, cette décision peut sembler complètement improbable.

Mais Wang Chuanfu a compris très tôt que si l’automobile devenait progressivement électrique, la batterie ne serait plus simplement un composant parmi d’autres.

Elle deviendrait l’un des éléments essentiels de la voiture.

BYD maîtrise déjà la batterie. Il lui reste donc à apprendre à fabriquer le reste.

BYD F3 et F0 : quand la Chine copiait encore Toyota

Les débuts automobiles de BYD ne vont pourtant pas construire une réputation d’innovation.

En 2005 arrive la BYD F3, dont le style rappelle très fortement celui de la Toyota Corolla.

Puis BYD commercialise la petite F0.

Cette fois, difficile de ne pas immédiatement penser à la Toyota Aygo.

La ressemblance est telle que la presse automobile chinoise de l’époque évoque elle-même ouvertement l’inspiration japonaise.

Lorsque je suis arrivé en Chine en 2011, cette image collait encore à BYD : celle d’un constructeur chinois accessible, capable de fabriquer beaucoup, mais dont les voitures ressemblaient énormément à des modèles japonais existants.

À l’époque, pratiquement personne n’imaginait sérieusement que BYD puisse un jour menacer Toyota.

Warren Buffett voit pourtant quelque chose chez BYD

Un investisseur commence néanmoins à prendre cette entreprise très au sérieux.

En 2008, une société du groupe Berkshire Hathaway de Warren Buffett investit environ 230 millions de dollars dans BYD.

La même année, BYD lance la F3DM, une hybride rechargeable.

Quelque chose commence alors à changer.

Derrière des carrosseries encore très conventionnelles, BYD commence à exploiter ce qu’il maîtrise réellement mieux que beaucoup de constructeurs historiques : les batteries et l’électrification.

Les taxis BYD e6 transforment Shenzhen en laboratoire

En mai 2010, une première flotte de taxis entièrement électriques BYD e6 est mise en circulation à Shenzhen.

Lorsque je vivais en Chine quelques années plus tard, ces taxis électriques faisaient déjà partie du paysage.

Et c’est une étape particulièrement importante dans l’histoire de BYD.

Un taxi constitue en effet un banc d’essai grandeur nature idéal : il roule énormément, recharge constamment et accumule les kilomètres beaucoup plus rapidement qu’une voiture particulière.

BYD pouvait ainsi tester ses véhicules et ses batteries dans des conditions particulièrement exigeantes.

BYD et Mercedes créent Denza

La même année, BYD s’associe à Daimler, futur Mercedes-Benz Group, pour créer une nouvelle marque : Denza.

L’ambition est alors de combiner l’expertise chinoise dans les batteries et l’électrification avec l’expérience automobile et l’image premium allemande.

Sur le papier, l’association paraît idéale.

Dans les faits, les débuts sont beaucoup plus compliqués.

Denza reste pendant plusieurs années une marque relativement confidentielle. Mercedes réduit progressivement sa participation, avant de quitter complètement l’entreprise.

Mercedes part… et Denza renaît

Ce qui aurait pu ressembler à un échec devient pourtant un nouveau retournement de situation.

BYD reprend complètement Denza et repositionne la marque beaucoup plus haut de gamme.

Le résultat est aujourd’hui visible avec des modèles comme la Denza Z9GT, une grande GT technologique qui représente parfaitement les ambitions premium de BYD.

Denza fait désormais partie des marques chinoises qui cherchent directement à concurrencer les constructeurs premium européens avec une approche beaucoup plus centrée sur la technologie. En 2026, BYD poussait d’ailleurs cette stratégie sur le marché européen.

Blade Battery : BYD revient à son métier d’origine

En 2020, BYD présente l’une des technologies qui va contribuer à changer son image : la Blade Battery.

Cette batterie utilise une chimie LFP, pour lithium-fer-phosphate, avec des cellules particulièrement longues et fines.

Cette architecture permet notamment d’optimiser l’espace disponible dans le pack.

BYD communique également énormément sur sa sécurité, notamment à travers le spectaculaire test de perforation par un clou.

À ce moment-là, une évidence réapparaît : derrière le constructeur automobile se trouve toujours le spécialiste de la batterie créé en 1995.

Le retournement : Toyota se rapproche de BYD

C’est probablement l’un des passages les plus intéressants de toute cette histoire.

Quelques années auparavant, les premières BYD semblaient s’inspirer très largement de Toyota.

Puis le rapport de force commence à s’inverser.

Toyota se rapproche de BYD pour certains projets électriques destinés au marché chinois et s’appuie sur l’expertise acquise par l’entreprise dans les batteries et les véhicules électrifiés.

Autrement dit, l’entreprise qui regardait autrefois Toyota pour apprendre à fabriquer des voitures possède désormais des technologies suffisamment intéressantes pour que Toyota travaille avec elle.

Même Tesla utilise des batteries BYD

Et il existe un symbole encore plus spectaculaire.

Tesla est probablement la marque qui a le plus contribué à populariser la voiture électrique moderne.

Pourtant, en 2023, certaines Tesla Model Y Propulsion produites dans l’usine allemande de Grünheide commencent à utiliser des cellules de batterie fournies par BYD.

Il ne s’agit évidemment pas de toutes les Tesla Model Y ni de l’ensemble de la production mondiale.

Mais le symbole est puissant.

L’entreprise chinoise qui fabriquait autrefois discrètement des batteries pour Nokia est devenue suffisamment importante pour fournir des cellules à l’un de ses principaux concurrents automobiles.

Denza, Fang Cheng Bao et Yangwang : BYD construit un empire

BYD n’est désormais plus seulement une marque automobile.

Le groupe construit progressivement tout un portefeuille destiné à couvrir plusieurs niveaux du marché.

BYD constitue le cœur du groupe.

Denza attaque le premium.

Fang Cheng Bao se concentre notamment sur des véhicules plus spécialisés et le tout-terrain.

Et au sommet se trouve Yangwang, la marque ultra haut de gamme du groupe.

Son Yangwang U8 illustre parfaitement jusqu’où BYD veut aller : un énorme 4×4 doté d’un mode d’urgence lui permettant notamment de flotter temporairement et de se déplacer lentement dans l’eau.

Nous sommes très loin de la petite BYD F0 inspirée de la Toyota Aygo.

De la BYD F0 à ma propre BYD Dolphin

Cette transformation est également assez particulière à observer personnellement.

Lorsque je suis arrivé en Chine, BYD était encore largement associé aux voitures chinoises bon marché et aux modèles fortement inspirés des constructeurs japonais.

Aujourd’hui, je roule moi-même en BYD Dolphin.

Et je ne la considère absolument pas comme une curiosité chinoise ou une copie.

C’est une voiture moderne développée par un groupe qui possède désormais plusieurs décennies d’expérience dans les batteries, l’électronique et l’électrification.

BYD dépasse Tesla et vise maintenant Toyota

L’année 2025 marque une nouvelle étape symbolique : sur l’ensemble de l’année, BYD dépasse Tesla en volume mondial de voitures 100 % électriques.

Au total, en intégrant électriques et hybrides rechargeables, BYD vend environ 4,6 millions de véhicules en 2025.

Et Wang Chuanfu ne cache plus ses ambitions.

En 2026, le patron de BYD explique vouloir faire de son entreprise le premier constructeur automobile mondial dans les années à venir.

La cible n’est donc plus simplement Tesla.

La cible est désormais Toyota.

Le véritable secret de BYD

Le plus intéressant est peut-être que BYD n’a jamais commencé en essayant de construire la meilleure voiture du monde.

L’entreprise a commencé avec un seul composant : la batterie.

Puis elle a appris à fabriquer de l’électronique, des moteurs, des semi-conducteurs, des plateformes automobiles et finalement des véhicules complets.

Progressivement, BYD a pris le contrôle d’un nombre toujours plus important de pièces du puzzle.

Et c’est peut-être ce qui différencie profondément BYD de nombreux constructeurs traditionnels.

BYD n’est pas simplement un constructeur automobile qui a appris à fabriquer des batteries. C’est une entreprise de batteries et de technologie qui a fini par apprendre à fabriquer des voitures.

De copieur à géant mondial

Il y a une vingtaine d’années, beaucoup regardaient les premières BYD en constatant qu’elles ressemblaient énormément à des Toyota.

Aujourd’hui, Toyota travaille avec BYD sur certaines technologies et certains véhicules électriques.

Des Tesla ont roulé avec des cellules BYD.

Denza veut concurrencer les marques premium européennes.

Yangwang construit des véhicules technologiquement spectaculaires.

Et BYD affiche maintenant l’ambition de devenir le premier constructeur automobile mondial.

La petite entreprise de batteries créée à Shenzhen en 1995 n’a donc pas seulement accompagné la révolution électrique.

Elle s’était positionnée au cœur de cette révolution bien avant que l’industrie automobile traditionnelle réalise à quel point la batterie allait devenir stratégique.

Retrouvez toute cette histoire dans le nouvel épisode de TechClash By GLG intégré en haut de cet article.

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Sources principales : BYD, Reuters, données et communications publiques des constructeurs, documentation consacrée à la production de Tesla Model Y équipées de cellules BYD.

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Greg le Geek (GLG)

Greg, ou GLG : je partage depuis 2012 mes découvertes high-tech sur JTGeek. Smartphones, objets connectés, voitures électriques et hybrides chinoises : mes essais vidéo montrent les produits en utilisation, avec ce que j’apprécie et les limites rencontrées. Retrouvez mes vidéos sur GLG Reviews et la présentation du JTGeek.

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